Exposition Mathieu Lustrerie 2014

B73BB1zIYAAMNwf

Chaque année, la lustrerie de Régis Mathieu située à Gargas dans le Vaucluse organise une exposition en son sein, chaque fois sur un thème différent. Après un hommage au génie automobile français en 2012 et aux passionnés ayant créé leurs bolides de rêve en 2013, place aux Héros du Mont Ventoux (du 15 décembre 2014 au 18 janvier 2015). Chaque lustre est associé à une automobile, de quoi la mettre en valeur.

Après une demande de reportage envoyée par mail à l’équipe, nous décidons de nous y rendre le 10 janvier.

Surnommé le « Géant de Provence », le Mont Ventoux culmine à 1912 m. Il est l’un des atouts touristiques de la région PACA et représente évidemment un défi pour de nombreux cyclistes venus du monde entier. Mais s’il nous intéresse aujourd’hui, c’est en raison de la course de la côte qui y fut organisée dès 1902. Cette première édition fut remportée par Paul Chauchard au volant d’une monstrueuse Panhard & Levassor à la vitesse moyenne de… 47.5 km/h ! Une belle performance lorsque l’on sait qu’il faut aux pilotes parcourir plus de 21 km… Du côté de la catégorie des voitures légères à quatre places, c’est Gustave Adolphe Clément qui gagne sur une auto de sa conception. Elle était très proche de celle exposée, une Clément-Bayard Type AC 2L Tonneau de 1903 et équipée d’un bicylindre de 1600 cm3.

IMG_9086     IMG_9090     IMG_9276     IMG_9088

Après une 2ème place lors de la course 1907, la marque Brasier remporte avec son pilote fétiche Paul Bablot les deux éditions suivantes sur des modèles 120 HP. Les Brasier s’illustrèrent dans de nombreuses compétitions, dont la Coupe Gordon Bennett 1904. Ici, une Biplace Sport de 1906.

IMG_9075     IMG_9273     IMG_9083     IMG_9078     IMG_9079

L’un des modèles phares de Peugeot pendant l’entre-deux-guerres fut la Quadrilette lancée en 1920. C’est une voiture très économique et légère équipée d’un 4 cylindres à la fois solide et performant. Outre une victoire en catégorie cyclecars lors du Tour de France Automobile de 1923, la Quadrilette remporte également la classe des moins de 750 cm3 au Ventoux en 1922 en 31 minutes et 35 secondes aux mains de Ducreux. C’est un Type 161 de 1922 qui était présenté sous un cube-lustre.

IMG_9092     IMG_9093     IMG_9096     IMG_9094

Nous partons dans la seconde pièce. Outre la création « La Robe LM » réalisée par l’artiste Christine Ferrer…

IMG_9099

Nous découvrons une sublime Bugatti Type 13. C’est grâce à ce modèle que la marque va obtenir ses lettres de noblesse en compétition. Les Type 13 gagnèrent en effet de nombreuses compétitions, dont le Grand Prix des Voiturettes à Brescia en 1921 dont la Bugatti a tiré son surnom. Son secret ? Un moteur 4 cylindres ultra performant puisque équipé de quatre soupapes par cylindre. Concernant la course de côte du Ventoux 1921, c’est Lecot qui s’illustra en terminant 3ème au général et 1er de sa catégorie avec un chrono de 23 minutes et 18 secondes.

IMG_9100

La voiture présentée est le châssis n°1187. Il s’agit d’un Type 23 de 1921 qui fut converti en Type 13.

IMG_9103     IMG_9101     IMG_9110     IMG_9109

Juste derrière se trouvait une Darmont Spécial de 1926. Si Robert Darmont fut à l’origine l’importateur de Morgan en France, il se lança ensuite dans la construction sous licence de celles-ci sous le nom de Darmont-Morgan. La Spécial est le modèle phare de la marque et s’adresse aux plus sportifs. Capable d’atteindre des vitesses folles, elle fut engagée dans de multiples courses (GP de l’ACF, course de côte de la Turbie…). Une Spécial modifiée battit même le record du kilomètre lancé à Arpajon en 1925 à plus de 166 km/h !
Lors du Ventoux 1933, Vilhet place sa Spécial en tête de la catégorie cyclecars moins de 1100 cm3 avec un temps de 22 minutes et 22 secondes.

IMG_9113     IMG_9116     IMG_9120     IMG_9219     IMG_9118

Juste en face, une Amilcar C6. Cette voiture était LE modèle de la marque, capable d’affronter les meilleures Salmson ou Bugatti de l’époque. Si sa cylindrée de 1100 cm3 semble faible, elle peut dépasser les 160 km/h en pointe grâce à un compresseur Roots greffé au 6 cylindres en ligne. Au Ventoux, les Amilcar trustèrent évidemment les places de tête.

IMG_9121     IMG_9195

Avec la Seconde Guerre Mondiale, la course du Mont Ventoux est évidemment annulée plusieurs éditions consécutives. C’est en 1947 que les affaires reprennent avec la victoire d’une Cisitalia. Mais ce sont les trois années suivantes qui sont marquantes : les Simca-Gordini écrasent la concurrence ! Deux fois grâce à Robert Manzon (récemment décédé..) et l’autre grâce à Maurice Trintignant. Les ambitions d’Amédée Gordini de s’imposer face aux Ferrari et autres Maserati furent souvent mises à mal mais pas cette fois. Ici, un Type 15 (pour 1.500 cm3) de 1948.

IMG_9149     IMG_9152     IMG_9262     IMG_9150

Chez les italiennes, voici une OSCA MT4 de 1949. OSCA est la marque créée par les frères Maserati après la guerre. La MT4 est engagée dans de nombreuses compétitions internationales comme les Mille Miglia, la Targa Florio et même aux 24 Heures du Mans. Au Ventoux 1960, un exemplaire aurait même terminè 9ème de sa classe face à des modèles bien plus récents !
L’exemplaire exposé est le châssis n°1107 déjà vu à Avignon en 2014. Il remporta notamment sa catégorie lors des Mille Miglia 1951.

IMG_9178     IMG_9180     IMG_9183     IMG_9238     IMG_9181

Une petite voiture jaune attire notre attention. Il s’agit d’une Abarth 750 Zagato de 1957. Cette berlinette basée sur la Fiat 600 dispose d’un 4 cylindres préparé par l’homme au scorpion et d’un toit à double bossage caractéristique de nombreuses réalisations Zagato. C’est un modèle de compétition engagé à de multiples reprises. Lors du Ventoux 1957, une 750 termina 2ème des moins de 1000 cm3 à cinq secondes de la DB Panhard du vainqueur.

IMG_9163     IMG_9166     IMG_9227     IMG_9228     IMG_9168

A ses côtés, une autre italienne réalisée par Zagato : une Giulietta SZ (pour Sprint Zagato). Cette version compétition sur base de la 1300 cm3 dispose d’une carrosserie en aluminium et de performances de premier rang grâce à son aérodynamisme très travaillé. Selon les versions, tutoyer les 200 km/h en pointe est envisageable ! Lors du Ventoux 1962, Jean Rolland remporte la catégorie 2 des GT à bord d’une SZ.
Celle présentée porte le numéro de série AR.00126.00051 et date de 1960. Elle fait partie des 200 « Coda Tonda » produites et son historique est limpide. Mais elle ne fut jamais engagée en compétition.

IMG_9175     IMG_9241     IMG_9232     IMG_9172     IMG_9173

Passons à présent du côté des allemandes, avec deux Porsche appartenant à M.Mathieu en personne. D’abord cette 718 RSK de 1959. Cette dernière remplaça la mythique 550 Spyder et fut équipée d’une carrosserie aluminium ainsi que d’un 4 cylindres à plat de 1500 cm3. Elle fut évidemment à la hauteur de sa devancière au vu de ses nombreux succès dont la Targa Florio 1959 aux mains de Barth et Seidel. Concernant le Ventoux, Heini Walter et Sepp Greger terminèrent respectivement aux 2ème et 4ème places.

IMG_9189     IMG_9193     IMG_9253     IMG_9197     IMG_9256     IMG_9185     IMG_9186

L’autre est une 904 GTS. Son moteur est quatre à plat de deux litres installé en position centrale arrière développant environ 180 ch. En 1964, elle remporta la Targa Florio et fit un doublé en catégorie des GT 2.0 L aux 24 Heures du Mans. L’année suivante, Heini Muller gagne la catégorie GT au Ventoux et finit 5ème au général.
L’exemplaire exposé est 904-063 et date de 1964.

IMG_9129     IMG_9130     IMG_9257     IMG_9126

Ensuite, place à une Ferrari 275 quelque peu spéciale. La 275 remplace la mythique 250 avec des lignes modernisées et un moteur V12 de 3.3 litres (275 étant la cylindrée unitaire). Aussi compétitive que sa devancière, on ne compte plus le nombre de courses auxquelles elle a participé. Lors du Ventoux 1966, Lucien Bianchi remporte sa classe dans le Groupe 6 à bord de sa GTB devant la 250 GTO de Bob Neyret. Excusez du peu !
La 275 exposée a été commandée spécialement à l’usine en 1965 par Edoardo Spreafico. 08249 est un véritable prototype de compétition avec une carrosserie en aluminium réalisée par Scaglietti. Prévue pour Lorenzo Bandini, elle fut finalement confiée à l’équipage Pessina/Botalla lors des 1000 km de Monza 1966. Elle termina 19ème au général et 2ème des GT de plus de trois litres.

IMG_9203     IMG_9200     IMG_9209

Elle regorge de détails à admirer et à photographier.

IMG_9244     IMG_9245     IMG_9246     IMG_9248     IMG_9249

Quand on pense aux marques françaises célèbres avec un lourd historique en compétition, Matra en fait immanquablement partie. Aussi bien sous la forme de monoplaces que de prototypes, les Matra vont marquer leur époque (qui peut oublier un V12 de la marque ?). En Formule 3 et en Formule 2 est engagée la MS5 dont voici un exemplaire de 1966. Les noms sur sa carrosserie font rêver, et pour cause. Henri Pescarolo remporta à son bord des courses de Formule 3, Jean-Pierre Beltoise remporta toutes les courses de la Temporada Argentine 1966 avant que Jo Schlesser ne s’illustre l’année suivante en Formule 2 (4ème à Rouen).
Cette Matra remporta la catégorie F3 au Ventoux 1966 avec Pescarolo derrière le volant avec un temps de 11 minutes et 45 secondes.

IMG_9140     IMG_9146     IMG_9143     IMG_9161     IMG_9155     IMG_9158

Elle est vraiment sublime, avec un dessin très pur en l’absence d’appendices aérodynamiques.

IMG_9265     IMG_9269

La dernière voiture est une Alpine A441 de 1974. En 1973, Alpine fait son retour dans la catégorie des sport-prototypes avec l’A440. Cette saison servit de tests avant celle de 1974. En effet, l’A441 lancée cette année là remporte toutes les courses du championnat d’Europe des 2 litres avec Cudini, Larrousse et Jabouille ! En 1975, l’A441 est équipée d’un turbo et devient A442. Cette dernière remporta les 24 Heures du Mans 1978 avec l’équipage Pironi/Jaussaud !
Lors du Ventoux 1976, Jimmy Mieusset remporte sa catégorie et termine 3ème au général avec une A441, signant le chrono de 6 minutes et 26 secondes.
L’exemplaire présenté est vraisemblablement un châssis de réserve. Nous l’avions croisé à Avignon en 2013.

IMG_9132     IMG_9136     IMG_9147

Avant de partir, nous revenons dans la première salle. L’occasion de prendre deux nouveaux clichés de la Quadrilette.

IMG_9275     IMG_9280

Cette exposition s’est une nouvelle fois révélé être un succès au vu de la qualité des voitures présentées. Espérons qu’elle sera reconduite l’année prochaine.

Nous tenons à remercier M.Mathieu et toute son équipe d’avoir accepté notre demande de reportage. Nous vous donnons rendez-vous très vite pour un nouvel article !

2 réflexions sur “Exposition Mathieu Lustrerie 2014

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *