Avignon Motor Festival 2013

Si l’édition 2012 de l’Avignon Motor Festival, créé en 2002, célébrait l’automobile française de façon générale, la mouture 2013 se consacrait à deux marques de la même origine : Alpine et Salmson. Pour éviter de répéter le speech présentant ce salon, nous invitons ceux qui n’auraient pas lu le reportage de l’an dernier à le découvrir ici.

L’année précédente, le temps avait joué en notre faveur, mais cette fois, il en sera autrement : de la pluie est annoncée tout le weekend. C’est dommage…

Néanmoins, nous nous rendons au salon avec grand plaisir et, après être passés à l’accueil pour récupérer nos accréditations, nous entrons dans le vif du sujet. Déjà, des travaux, effectués dans le courant de l’année, sautent aux yeux et apportent du sang neuf : parkings revus, halls rafraîchis et améliorations diverses. Pour accéder au grand hall A, il nous faut passer devant le hall K et son parking réservé aux voitures sportives et de prestige. Mauvaise surprise : la météo a dû en refroidir plus d’un, l’emplacement étant loin d’afficher au complet. Mais quelques pièces de choix sont tout de mêmes là, à l’image de ces deux Ferrari, une 456 GT grise accompagnée d’une F430 Spider 16M rouge.

Les voitures se veulent diverses et variées, on passe aussi bien d’une Aston Martin DB7 à une Maserati GranTurismo ou encore une Fisker Karma, d’ailleurs à l’essai durant les festivités.

     

Les Porsche sont toujours au rendez-vous, peu importe le modèle ou la génération.

Petit détour à l’intérieur du Hall K, lieu des gammes actuelles des marques sportives. Chez Ferrari, outre une 458 Spider jaune se trouve la remplaçante de la 599 : il s’agit de la F12, ici vêtue d’un sobre gris. Son V12 6.3 fort de 740 ch lui permet d’atteindre 340 km/h en vitesse de pointe et lui offre des performances de premier ordre (0 à 100 km/h en 3.1s). Au niveau de l’esthétique, l’avant reprend les codes de la gamme (phares, calandre,…) et y ajoute une large prise d’air sur le capot, le profil se veut toujours élégant alors que l’arrière se veut totalement nouveau (il est d’ailleurs sujet à de nombreuses critiques).

     

Juste à côté, Maserati présentait le dernier fleuron de la marque : la Quattroporte version 2013. Si le modèle remplacé se voulait élégant tout en gardant un côté italien, sa remplaçante a perdu son charme latin pour mieux ressembler aux allemands, notamment au niveau de la poupe. Elle gagne encore en longueur, renforçant son côté vaisseau amiral germain. Au niveau mécanique, elle opte pour deux moteurs à bi-turbo : un V6 et un V8.

Sur le stand voisin, les français de chez PGO exposaient plusieurs modèles, dont cette Cévennes rouge. Si la marque a abandonné les moteurs Peugeot pour des mécaniques BMW (1.6 Turbo 180 ch) pour des raisons de pollution, elle n’en conserve pas moins une identité forte et en marge de la production contemporaine. Une marque dont nous serons amenés bientôt à reparler sur le site.

Retour à l’extérieur avec cette Ferrari F430 presque aussi sombre que le ciel de plus en plus menaçant.

Le Hall A nous attend désormais. L’allée centrale se pare de bleu avec l’exposition consacrée à Alpine. Mais revenons si vous le voulez bien un court instant sur l’histoire de la marque.

Le jeune Jean Rédélé, né en 1922 à Dieppe, se passionne très tôt pour l’automobile. D’abord concessionnaire pour la marque Renault dans sa ville natale, il commença très vite une carrière de pilote aux mains de modèles de la marque au losange, et notamment à bord de la 4CV qu’il affectionnait tant, lui trouvant des orientations sportives. C’est ainsi qu’il s’inscrit dans de nombreux rallyes de l’Hexagone, et dès sa première participation au rallye Dieppe-Rouen en 1950, il finit à la 1ère place de sa catégorie aux commandes de la puce de Billancourt. Après de nombreuses autres victoires de catégories, c’est la Coupe des Alpes 1954 qui va faire basculer sa vie : il gagne encore, et sa décision est prise, il construira ses propres voitures. Il les baptisera Alpine en l’honneur de cette coupe remportée.

Rédélé saura s’entourer pour créer ses propres voitures, surtout de carrossiers renommés tels qu’Allemano ou Michelotti, toujours sur bases de 4CV par amour pour celle-ci mais aussi pour son coût faible. Dès 1955, la société Alpine est créée et le premier modèle sorti des usines sera l’A106, qui connaîtra, tout comme la 4CV sur laquelle elle se base, de nombreux succès en course.

Mais les ventes ont du mal à décoller et Jean Rédélé doit corriger le tir. Ainsi, il a l’idée de sortir un nouveau modèle qui surclassera l’A106 dans tous les domaines, tant au niveau des performances que de son allure. Il s’agit bien évidemment de l’A110, la fameuse « berlinette », dévoilée en 1962. Avec elle, les titres vont tomber au travers des multiples versions formant une vraie gamme et lui assurant une véritable carrière. Le succès est au rendez-vous. Ainsi, en 1971, l’A110 sera sacrée « championne internationale des marques » et deux ans plus tard,  Alpine deviendra le premier champion du monde des rallyes.

Mais Rédélé, concepteur de génie, veut également glaner les lauriers sur circuit avec pour objectif la victoire aux 24 Heures du Mans. Si les premières participations se concluent par des échecs, l’édition 1978 est la bonne : Didier Pironi et Jean-Pierre Jaussaud coupent la ligne après deux tours d’horloge éprouvants en première position aux commandes de l’A442B.

Si la carrière sportive d’Alpine est un modèle, on ne peut en dire autant de sa carrière commerciale. En effet, en 1973, la marque devient une filiale de Renault et la production de l’A110 s’arrête en 1977, laissant la place à une A310 apparue quelques années plus tôt bien mal en point. Le coup de grâce a lieu en 1978 lorsque Rédélé quitte le navire, et les années 1980-1990 seront les pires de toute l’aventure de la marque tricolore. En 1995, la société ferme ses portes, l’usine de Dieppe n’étant désormais dévolue qu’à la gamme sportive de Renault.

Ce sont les succès d’Alpine que l’équipe d’AMF a voulu mettre en valeur, au travers d’un panel de choix : sous la reproduction de l’avion Blériot XI 1909 et des lustres scintillants trônent des modèles mythiques, tels qu’une A220, une A442 ou encore cette M63 qui devra abandonner pendant les 24 Heures du Mans 1963.

Tout juste derrière elle, deux autres modèles se côtoient. La N°46, plus claire, est une M64 à la ligne profilée et équipée d’un 4 cylindres 1149 cm3 développant 115 ch, capable d’atteindre les 240 km/h dans les Hunaudières. Aux mains de Roger de Lageneste et Henry Morrogh, elle remportera l’indice de performance des 24 Heures du Mans 1964. L’année suivante, elle participe à nouveau mais dut abandonner à la quinzième heure de l’épreuve.

La N°47, quant à elle, est une A210 de 1966, dotée d’un 4 cylindres également mais de 1500 cm3 et développant 160 ch environ, permettant une vitesse maxi de 270 km/h. Elle a participé à deux reprises aux 24 Heures du Mans. En 1966 avec le tandem De Cortanze-Hanrioud et un moteur 1000 cm3, elle abandonne après 118 tours couverts et l’année suivante, c’est de nouveau l’abandon au bout de 67 tours aux mains du duo Vidal-Cella.

Au fond de cette rangée se trouve un autre proto : il s’agit d’une A441. Cette fois, exit le 4 cylindres, place à un V6 2 litres (catégorie alors en vogue) de 285 ch à partir de 1974, qui permettra à l’A441 de remporter le championnat d’Europe des Sports 2 litres cette même année avec neuf courses gagnées… sur les neuf au programme ! Le châssis présenté est un châssis de réserve, il n’a donc pas d’historique. Le traitement de la photo est peut-être trop poussé mais il permet de mettre en valeur les belles dieppoises.

A l’extrémité de cet alignement, nous remarquons une autre voiture aux couleurs bleu/orange flashy. Ce n’est pas n’importe laquelle : c’est en réalité le concept qui préfigure la future A110. Retour sur cette folle histoire. 2012 célébrait le cinquantième anniversaire de l’Alpine A110 et pour lui rendre hommage, toute l’équipe de Renault a décidé de s’investir dans un concept reprenant les lignes de la berlinette en les modernisant. Baptisé A110-50 (pour 50 ans d’A110 évidemment), Renault le présente tout d’abord comme un simple prototype sur base de Mégane Trophy. Mais très vite, la presse ainsi que la toile s’affolent à la vue de cette réalisation : futur modèle ou simple démonstration de savoir-faire ? Après des mois d’attente, la nouvelle tombe : Renault, associé à l’anglais Caterham, va ressusciter le nom Alpine !

Si le modèle de série sera bien différent du concept présenté, on ne peut que se féliciter du retour d’une marque aussi prestigieuse, qui apportera un souffle nouveau parmi les sportives françaises. Il faut simplement espérer que les productions feront honneur à la magie des voitures de Rédélé, et ne viendront pas salir la mémoire collective comme ont pu le faire les séries Gordini sur les Twingo II et Clio III récentes… Néanmoins, Renault et Caterham ont d’ores et déjà assuré qu’Alpine fera son grand retour au Mans : belle surprise !

L’A110-50 se veut bien éloignée de la finesse de la berlinette originelle. En effet, nous découvrons des proportions imposantes avec une largeur conséquente, des roues de grande taille, un aileron démesuré, partie arrière très aérée, etc. Certains détails font en tout cas écho à la « mamie » comme les ronds près des phares à l’avant ou encore la surface vitrée. Nous vous laissons seuls juges de son esthétique, mais que l’on aime ou non, l’A110-50 dégage quelque chose de presque intimidant.

               

Laissons de côté les Alpine pour regarder le reste du Hall. Nous découvrons par exemple cette mythique Porsche : la 908 LH. Les LH (pour Lang Heck en allemand, c’est-à-dire longue queue) font partie de la première série des 908 et se destinaient aux circuits rapides comme Le Mans, les circuits techniques convenant mieux aux Porsche 908 plus courtes. Avec leurs moteurs 8 cylindres à plat de 3.0 L forts de 350 ch, les 908 LH pouvaient atteindre 320 km/h. Le modèle présenté est envoyé par le Musée Schlumpf de Mulhouse et a participé  à deux reprises aux 24 Heures du Mans. En 1968, elle finit troisième avec Stommelen et Neerpasch au volant alors que le trio Joest-Weber-Casoni montera sur la même marche du podium en 1972. Elle se trouve encore aujourd’hui dans son jus.

                    

Changement de style et d’époque avec cette Ferrari 599 60F1. Cette série limitée sortie en 2011 célèbre les 60 ans de la première victoire de Ferrari en F1 (en 1951 donc). Le pilote argentin José Froilan Gonzalez gagnait le Grand Prix de Silverstone 1951 à bord d’une 375 V12, devant son compatriote Juan Manuel Fangio, sur Alfa Romeo lui. Reposant sur des jantes de 20 pouces spécifiques, la 599 60F1 se présente dans une livrée rouge et blanche inspirée de la 150 Italia F1. L’intérieur est également différent des autres versions, avec des baquets Recaro, de l’alcantara ainsi qu’une plaque regroupant les signatures d’Alonso de Gonzalez.

Cette année comme nous l’avons annoncé, l’AMF rendait hommage à Alpine mais également à Salmson.

Fondée par Emile Salmson en 1890, la société éponyme se spécialise d’abord dans les machines à vapeur. Au début du XXème siècle, elle se tourne vers l’aviation, alors à ses balbutiements. C’est véritablement en 1919 que la compagnie se dévoue à l’automobile, en construisant tout d’abord des véhicules sous licence, comme les cyclecar anglais GN. Installée à Boulogne-Billancourt, la firme sort sa première voiture en 1922, la 10 HP Type D, remplacée sept ans plus tard par la S4. C’est véritablement ce dernier modèle qui apportera une grande réputation à la marque, puisque sa carrière fut longue et jalonnée de nombreuses versions. Celle-ci se positionnait en concurrente des directes des Hotchkiss, à mi-chemin entre la voiture sportive et luxueuse.

Après la guerre, la production de la S4 reprend dans sa version S4-61, qui était alors la seule voiture d’après-guerre à moteur double arbres à cames en tête. Mais les ventes s’essoufflent et Salmson doit réagir. Il est alors décider de sortir un coupé devant remettre la marque à flot. Mais le coupé 2300 S n’y changera rien, Salmson est en proie à de graves difficultés financières. Il ne sera produit qu’à 210 exemplaires entre 1953 et 1957, date du clap de fin de l’aventure Salmson.

L’exposition de l’AMF regroupe divers modèles très différents. Citons par exemple cette barquette sur base 2300 S millésimée 1955 et réalisée par Motto. Rocco Motto était un carrossier italien installé à Turin démarrant ses activités au cours de l’année 1932. En fait, Motto était chargé de réaliser les carrosseries pour les autres carrossiers comme Pininfarina ou Ghia. Après la guerre, il se consacre aux toutes nouvelles carrosseries en aluminium et sa réputation se fit naissante, avec des réalisations pour Alfa, Fiat ou encore Cisitalia. Mais Motto est également connu pour avoir réalisé des voitures françaises telles que les Delahaye, les Talbot-Lago ou certaines Renault. Mais son partenariat avec Salmson est également à retenir, puisqu’il tentera de sauver la marque en proposant une 2300 Berline, restée à l’état de prototype.

La barquette présentée était équipée du 4 cylindres 2.3 L de la 2300 S poussé à environ 120 ch. Elle participa aux funestes 24 Heures du Mans 1955 avec Jean-Paul Colas et Jacques Dewez au volant mais devra abandonner à la 9ème heure suite à une fuite d’huile.

Était également présent cette unique 2300 S Cabriolet réalisée par Charbonneaux en 1954. Elle fut réalisée à la demande d’un agent de la marque, M.Nadaud. Le style est certes très particulier, mais surtout d’avant-garde, la voiture semblant futuriste avec ses phares intégrés dans le prolongement des ailes avant.

     

L’AMF est aussi l’occasion de rencontrer des artistes ou des galeries d’artistes, comme c’est le cas avec le stand de Modelart111, qui expose une réalisation de l’artiste Mike Craig. Il s’agit d’une ébauche de sculpture rendant hommage à la Ferrari 250 GTO, le modèle définitif sera numéroté à 8 pièces. Sur le côté droit, les couleurs sont un hommage aux teintes du mythe à moteur V12.

          

Une Porsche 917 réalisée par Dynamic Concept à l’échelle 1/6 était aussi sur le stand. Vraiment magnifique !

     

L’AMF mettait aussi à l’honneur cette année les Racer. Après la Seconde Guerre Mondiale, il était nécessaire de relancer le sport automobile. Ainsi, il fallait proposer une formule accessible au plus grand nombre pour éviter des coûts élevés. Sera alors créé le racer, une petite voiture peu onéreuse, qui courra dans de nombreuses courses nationales et régionales. Si les modèles les plus connus sont les DB Racer 500, des modèles plus artisanaux seront créés de toutes pièces, bien souvent au fond de garage, ce qui explique les différences de niveau de qualité des réalisations. Par exemple, avec ce Kieft Racer de 1952 à moteur de moto (Norton 500 cm3), on remarque que le châssis tubulaire est bien trop gros pour ce type de véhicule.

          

En comparaison, cette Cooper Mk XI de 1951, pourtant dotée de la même mécanique que le Kieft, se révèle d’un niveau de finition nettement supérieur. Il faut bien comprendre que les fonds dont disposaient certaines écuries permettaient de surpasser la concurrence moins bien lotie.

          

Le monde se fait de plus en plus présent dans le Hall, et nous décidons donc de sortir prendre l’air pour voir ce qui est arrivé sur le parking des sportives. Peu de changement, si ce n’est un KTM X-Box accompagné de son lot de Mustang, un duo de Ferrari et de Maserati rouge ou encore une 4200 en parfait état.

          

Nous nous dirigeons désormais vers le Hall J dévolu aux voitures de compétition. Ici, il est question de circuit, de rallye et toute autre course. On retrouve par exemple cette 550 GTS qui a limé la piste du Mans ou cette R5 Turbo dans sa version Cévennes qui a elle écumé les rallyes régionaux et nationaux.

     

Nous ressortons sur le parking situé entres les halls J et K. Ici aussi, le temps a eu raison des propriétaires, les voitures étant moins nombreuses que les années auparavant. Il y avait tout de même cette jolie 911 2.4 S jaune ou encore cette Pontiac Firebird à l’arrière un peu haut.

     

Devant le Hall K, nous retrouvons avec plaisir une F430 que nous connaissons déjà.

A l’intérieur du dit Hall, Porsche, outre sa gamme actuelle, exposait une 911 SC de superbe qualité, d’un blanc pur.

A l’extérieur, la rangée des Porsche s’est d’ailleurs agrandie, pour devenir plus conséquente.

Si ces dernières sont d’une teinte triste, il n’en va pas de même pour les quatre suivantes. Notez au passage la couleur de la 599 HGTE, beaucoup plus belle que le rouge « habituel » !

Il y avait également cette Maserati GranTurismo MC Sport Line blanche tout comme la SC vue plus haut. Cette version s’inscrit entre la version S et la plus radicale MC Stradale, avec une esthétique revue ainsi que des suspensions améliorées.

Par contraste, cette Corvette C6 Z06, avec son gros V8 7.0 L, était vêtue de noir.

Nous nous plaçons au niveau de la sortie, histoire de prendre quelques photos en mouvement. L’hommage à l’Alpine continue, avec cette A310.

Une Porsche 930 passe, dans une superbe livrée bordeaux. Quelles hanches !

Traitement de photo plus « vintage » pour cette Alfa GT 1600 Junior précédant une 4CV.

Il ne faut pas oublier que l’AMF est le salon de la diversité, il est donc normal de trouver de tout, à l’instar des motos dans le Hall I. Ici, un bel alignement avec une MV Agusta 125 de 1949 au premier plan.

     

Ou encore des camions dans le Hall H.

Avant de partir, prise de détail avec la dernière née des 911, la 991, ici dans sa version Carrera S.

Dernier clin d’œil à la marque de Zuffenhausen avec cette 997 Turbo noire.

C’est vers 17 heures que nous quittons le salon, les yeux emplis de belles choses. C’est toujours dommage lorsque de telles journées se terminent.

Malgré le temps maussade, le succès aura été au rendez-vous, avec une exposition Alpine de premier ordre.

Nous tenons à remercier l’équipe d’AMF pour leur confiance et plus particulièrement M.Faure.

Rendez-vous en 2014 !

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